Technique - Pratique - Le tir instinctif

 

 

 

Le tir instinctif est le tir sans viseur. On l'appelle aussi tir de chasse, ce qui n'est pas approprié du tout, car on peut très bien chasser à l'arc avec viseur, ou tirer sur cible sans viseur.

 


En fait, le tir instinctif, est le tir à l'arc tel qu'il était pratiqué par les premiers archers de la préhistoire ou les indiens.

 

Contrairement à certaines idées reçues, on peut obtenir de très bons résultats en tir instinctif. A chaque entraînement il m'arrive de toucher une pièce de 20 centimes ou une balle de ping-pong à 15 mètres. Évidemment je mentirais si je disais que ça marche à tous les coups, mais même si je la manque, je m'en approche souvent très prés.

 


On peut remarquer la position légèrement penchée de l'arc. On entend souvent dire que cela sert à dégager le champ de vision, de façon à pouvoir se concentrer sur la cible à atteindre.

 

En pratique, cette position penchée n'est pas strictement obligatoire.  On peut très bien tenir l'arc vertical, et se concentrer sur la cible.

En fait, tenir l'arc penché est obligatoire lorsqu'on tire avec un longbow (comme sur la photo). En effet il n'y a quasiment pas de repose-flèche sur ce type d'arc. Le tenir penché permet à la flèche de rester en place pendant l'armement. En revanche, l'arc classique (à double courbure) possède une zone repose flèche beaucoup plus large et on peut donc très bien le tenir vertical : la flèche ne tombe pas.

 

On peut voir sur cette photographie  la position habituelle du tireur instinctif...

 

 


 

Deux doigts dessous ou trois doigts dessous ?

La position trois doigts (index, majeur, annulaire) sous la flèche pour la main qui tire la corde (le pouce et l'auriculaire ne sont pas utilisés) est souvent recommandée quand on débute.

Cela permet d'amener la flèche très prés de l'oeil, et diminue les erreurs de parallaxe. Donc l'apprentissage est moins rébarbatif : on marque des points plus tôt. Mais cela n'est pas tout. Il faut aussi apprendre à bien lâcher la flèche, à bien tenir son arc, à se concentrer sur la cible sans se laisser attirer le regard par des petites branches près de la cible...

La position deux doigts dessous (majeur et annulaire) et un doigt dessus (index) la flèche donne un lâcher de flèche beaucoup plus "doux" et est probablement moins stressante pour l'arc. Apprendre à tirer à l'arc de cette façon est certainement plus difficile, mais au fur et à mesure de la progression, ce qui semblait être un désavantage disparaît, car on apprend à utiliser d'autres repères, à "sentir" son corps.

Faites comme vous le sentez...

 


 

Facteurs déterminant la précision du tir instinctif :

 

1. le matériel :

 

a) Type

 

Arc classique ou longbow ? (ne parlons pas des arcs compound, ils sont exclus de l'archerie traditionnelle).

Les arcs classiques sont plus nerveux que les longbow. La trajectoire de la flèche est donc plus rectiligne, et les erreurs d'appréciation des distances sont donc moins graves. On peut observer dans les concours de tir à l'arc qu'en moyenne les scores réalisés par les tireur au longbow sont plus faibles que ceux réalisés par les tireurs à l'arc classique (qui eux-mêmes sont dépassés par les tireurs au compound).

En outre, un longbow vibre plus qu'un arc classique. Il "secoue" le tireur, et demande plus de technique pour amortir ces vibrations.

Les arcs classiques peuvent souvent être équipés d'un mini contre-poids monté sur silent-blocs qui absorbe aussi les vibrations. Ce contre-poids a aussi pour effet d'équilibrer l'arc dans la main, et de l'alourdir, donc de mieux le stabiliser. Il n'est pas possible d'équiper un longbow avec ce genre d'accessoire.

 

b) Qualité

 

Le prix ne fait pas tout, mais il est évident qu'un arc de marque à 300 euros ou plus donnera de meilleurs résultats qu'un arc à 75 euros. Il sera probablement plus nerveux, et surtout plus régulier.

Néanmoins, le plus cher n'est pas forcément le meilleur.

Un Black-Douglas payé 3200 FF en 1990 est certes très beau, solide, régulier, mais il n'a pas la nervosité d'un Damon Howatt Hunter coûtant dans les 1400-1600 FF deux ou trois ans auparavant.

J'ai pour ma part un HOYT hunter que j'ai choisi pour sa souplesse et sa régularité.

Donc, si vous êtes sur le point d'acheter un arc, prenez conseil auprès d'autres tireurs possédant le même arc (et méfiez vous des réponses : quand on a payé très cher un arc, on a tendance à le voir parfait).

 

c)Réglages

 

Sur des arcs classiques ou des longbows, il y a beaucoup moins à régler que sur un compound. Mais il faut tout de même considérer les points suivants :

Tous ces réglages doivent être essayés et optimisés pour chaque tireur et chaque arc. Il n'y a pas de recette miracle.

 

2. Le tireur : Force et puissance de l'arc

 

La force va de paire avec la puissance de l'arc. le tireur doit utiliser un arc qu'il puisse tirer aisément. Pour un homme adulte "normal" on conseille entre 45 et 50 livres. Au-delà, il faut faire attention aux tendinites...

Avec l'entraînement, on peut facilement augmenter petit à petit la puissance de l'arc : le problème est que cela oblige à investir dans différents arcs, et que les finances ne suivent peut-être pas. Il faut alors considérer le recurve démontable où on change seulement les branches, ou l'occasion.

C'est une tendance commune chez les chasseurs à l'arc de vouloir tirer un arc assez puissant pour chasser n'importe quel gibier: 60, 65, 70 livres (ou plus).

Si on tombe dans cet excès, il faut connaître les conséquences éventuelles :

    La tendinite : je le sais, je l'ai vécue (je mesure 1m68 pour 60 kg, suis assez sportif et costaud des bras, et tire 60 livres...). Je consacrerai un article dédié à mon expérience sur ce sujet.

    Un apprentissage plus difficile, et plus long : moins on maîtrise son arc, moins on peut se consacrer à améliorer sa technique. Toute l'attention est captée par l'armement de l'arc.

 

 

Source : Archerie90.net